Muse en met plein la vue et plein l’ouïe

ajn

Au centre du Palais 12, une scène circulaire (et tournante) de quinze mètres de diamètre environ. Comme tel, le décor est plutôt dépouillé : la batterie de Dominic Howard trône au centre, avec juste derrière un trou d’où dépassent les claviers, tandis que quatre micros sur pied sont posés sur le pourtour. De part et d’autre, deux longs praticables permettront à Matthew Bellamy et Chris Wolstenholme d’aller et venir, guitare ou basse en bandoulière ou en position de combat. La configuration scénique en 360° est des plus séduisantes, parce qu’elle garantit à tous la visibilité du spectacle mais aussi un sentiment rare de proximité.

Six engins de verre et un étonnant aéronef

En un peu moins de deux heures, de la traditionnelle Danse des chevaliers de Prokofiev jusque “Knights of Cydonia”, les instrus d’entrée et de sortie, le trio anglais Muse aura livré samedi le premier de quatre concerts sold out de nature à combler toutes les attentes. Dans le choix des morceaux, d’abord : le paquet est d’abord mis sur “Drones”, le dernier album, dont la plage-titre dans sa version enregistrée ouvre la soirée et la clôture en chiasme, et dont l’imaginaire visuel se déploie avec six engins sphériques de verre qui décollent et flottent dans la salle, mais aussi un étonnant aéronef, croisement d’un bombardier et d’un engin sorti d’un film de Miyazaki. Mais, de “Plug in baby” à “Time is running out” en passant par “Starlight” et autres, les tubes plus anciens s’enchaîneront aussi, repris en chœur par la salle et enfilés avec une énergie constante.

Impossible de narrer toute la richesse visuelle d’un spectacle mêlant vidéo live et images rêveuses, et complétant les technologies de projection les plus pointues (écrans omniprésents, effets laser…) avec des recettes on ne peut plus traditionnelles et basiques (les ballons géants qui éclatent, les canons à confettis et serpentins, les lumières clignotantes sur les manches des basses de Chris…).

Peu de place pour la spontanéité

Evidemment, tout est à ce point organisé qu’il reste peu de place pour la spontanéité, et le contact avec la salle se limitera aux adresses types et remerciements trilingues, mais la grammaire du rock est respectée  : les trois musiciens en noir (avec plus ou moins de manche selon la fonction), distorsions, allongements, piano quart queue et progression dramatique. Imparable.

Laisser un commentaire

*