Que pèse l’industrie de l’armement en Belgique et en Wallonie?

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Faut-il continuer de vendre des armes à l’Arabie saoudite ? Le débat fait rage en Wallonie. L’enjeu est politique, mais aussi et surtout, pourrait-on dire, économique. Mais que pèse au juste l’industrie de l’armement en Belgique et en Wallonie ?

Globalement, c’est une industrie modeste si on la compare à celle de nos voisins français, allemands, ou même hollandais. Mais elle arrive tout de même à la 20ème place dans le classement mondial des exportations d’armes, ce n’est pas rien.

Le secteur de l’armement en Belgique exporte de l’ordre d’un milliard d’euros par an, et il fait vivre toute une série d’entreprises. En Wallonie, tout le monde connaît la FN, mais il y a aussi CMI ou Mecar.

Il est aussi actif en Flandre et à Bruxelles. C’est une grosse branche d’Agoria, comme le dit le directeur en charge de la Défense, Roland Teheux : « Au sein de la Fédération Agoria, nous comptons 92 entreprises qui sont actives soit dans l’aéronautique, soit dans le spatial, soit dans la sécurité défense, et qui ont des activités dans la défense. Et ça représente annuellement un chiffre d’affaires global au niveau national de l’ordre de 3,6 milliards et grosso modo 13 000 emplois directs au niveau national ».

Un secteur qui se porte bien

« C’est un secteur qui, effectivement, se porte relativement bien. Les événements internationaux contribuent, je dirais, à la santé du secteur d’une part et, d’autre part, par toute une série d’acteurs belges ont également des activités dans, par exemple, l’aéronautique civile en très forte croissance et cela contribue également à la bonne santé de nos entreprises ».

Situation sensiblement très différente en Wallonie et à Bruxelles

La Wallonie a la plus longue tradition dans l’armement. La Région liégeoise s’est taillée une véritable réputation dans la production d’armes légères. Elle les vend jusqu’aux Etats-Unis. Son savoir-faire est reconnu par l’armée américaine elle-même, ce qui n’est pas rien dans le chef du premier exportateur mondial d’armement.

Mais cela n’empêche : la Flandre est bien présente aussi dans l’industrie de l’armement. Luc Manpaey ne le cache pas, il est directeur du GRIP, le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix : « L’essentiel de la production d’armement est tout de même localisée dans les entreprises wallonnes. La Flandre produit de l’armement aussi. Je pense même qu’on produit de plus en plus, mais dans des entreprises qui sont de plus en plus diversifiées, qui sont plus dans le domaine de l’électronique, des télécommunications. Donc, ce sont des armes qui se voient moins, qui n’en concourent pas moins à la production d’armement. Il faut bien en être conscient. Mais les enjeux sont moindres parce qu’effectivement : d’une part les clients sont souvent moins problématiques et, d’autre part, ce sont des entreprises dual, donc d’une activité civile également très importante et qui sont moins dépendantes des marché de la Défense. Inversement, en région wallonne, on trouve des entreprises qui sont beaucoup plus dépendantes des marchés militaires, notamment dans les bassins liégeois et de Charleroi avec des conséquences économiques beaucoup plus importantes ».

La Wallonie serait la plus touchée par l’arrêt de la vente des armes à l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite est le premier client de l’armement wallon, elle draine le tiers de ses exportations, avec un méga-contrat de CMI en jeu.

D’un autre côté, l’Arabie saoudite est un investisseur courtisé dans le port d’Anvers.

La question est donc politiquement chaude. C’est dire si le débat n’est pas prêt d’être tranché.

rtbf.be

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