Les trois charges retenues contre OMAR RADI

omar-1-e1577385622117-845x475
 L’actualité marocaine a été récemment marquée par ce que la presse appelle l’affaire OMAR RADI. A vrai dire, il s’agit de trois affaires et non pas une affaire.
Première affaire
Le 6 avril 2019 Omar Radi a posté un tweet dans lequel il évoque qui suit « LAHCEN TOLFI juge de la cour d’appel bourreau de nos frères (entendu les détenus du Rif) souvenons-nous bien de lui dans beaucoup de régimes les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant avoir exécuté des ordres, ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité».
 Ces propos qui constituent un outrage à Magistrat, un délit incriminé conformément à l’article 263 du Code pénal marocain, dans ce cadre a été auditionné sur instruction du Parquet. Poursuivi le 26 décembre 2019 en état d’arrestation, il a bénéficié de la liberté provisoire le 31 décembre 2019.  Durant toutes les étapes du procès, il a bénéficié de tous ses droits tels que prévus par la loi.
Bénéficiant des circonstances atténuantes, il n’a été condamné, le 17 mars 2020, qu’à quatre mois avec sursis et une amende de 500 dirhams. Il a interjeté appel de ce verdict, dont l’audience est prévue le 23 septembre 2020.
Deuxième et troisième affaires
Depuis le 24 juin 2020, Omar Radi a été auditionné, en état de liberté, à huit reprises par la Police Judiciaire de Casablanca dans le cadre d’une enquête préliminaire ordonnée par le Parquet général. Durant cette phase, il publiait régulièrement les convocations qui lui ont été remises par la Police judiciaire et publiait également 28 posts sur les réseaux sociaux pour présenter sa version biaisée des faits.
Les mêmes posts ont servi dans le cadre d’une campagne de pression sur les autorités judiciaires marocaines (acculées au silence par respect au secret de l’instruction) initiée par différentes ONG nationales et internationales. Aussi, il a organisé, le 15 juillet 2020, une conférence de presse au siège du Syndicat national de la presse marocaine à Rabat, en présence de son avocat pour présenter sa version biaisée des faits sans aucun respect des impératifs du secret de l’instruction.
Au terme de l’enquête, il a été présenté le 29 juillet 2020 devant le Procureur Général du Roi près la Cour d’Appel de Casablanca, assisté de plusieurs avocats. Cette autorité a requis la poursuite en état d’arrestation pour les chefs d’inculpation suivants :
– Attentat à la pudeur avec violence et viol (suite à une plainte pour viol déposée par sa collègue de travail au site électronique Le Desk.ma, ou il assume la responsabilité de rédacteur en chef du pôle enquêtes) ;
– Réception de fonds étrangers dans le dessein de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et de mener des contacts avec des agents d’un Etat étranger pour nuire à la situation diplomatique du Maroc (Omar Radi a entretenu depuis 2013 des relations suivies avec des diplomates néerlandais en poste à Rabat, chargés du suivi de la situation générale au Maroc. Cette relation s’est renforcée à l’occasion des évènements survenus à la ville d’Al-Hoceima au nord du Royaume. Omar Radi a servi d’agent de terrain pour la collecte d’informations sur la situation au Rif au profit de diplomates néerlandais. De même, Omar Radi a reçu des transferts d’argent à partir de l’étranger, notamment de la part de la chaîne Al-Mayadine, contrôlée et financée par l’Escadron Al-Quds, alors dirigé par Qassem Soulaymani, du Pasdaran iranien, le Hizbollah libanais, et le régime Bashar Al-Assad, que dirige depuis sa création en 2011 le tunisien converti au Shiisme Ghassane Benjeddou, ancien membre du cabinet de Houssein Fadlallah, dignitaire et référence religieuse Shiite libanaise. Ghassane Benjeddou est marié au médecin Nidae Al-Housseini, nièce de Mohamed Sadeq Al-Housseini, membre de l’équipe de l’ancien président iranien Khatami. Aussi, le père de Nidae est un ancien membre des Gardiens de la Révolution iranienne, décédé lors de la guerre irano-irakienne. Le Hizbollah a eu recours à des libanais naturalisés espagnols ayant évolué en Amérique latine pour financer ce support.)
– Evasion fiscale : L’enquête avec Omar Radi a établi qu’il a sciemment omis de déclarer ses revenus, chiffrés à des milliers de dollars, reçus de l’étranger pour ne pas payer d’impôts sur le revenu.
Le juge d’instruction a ordonné sa mise sous mandat de dépôt à l’établissement pénitencier le plus proche où résident sa famille et le collectif de sa défense.

Laisser un commentaire

*