L’UA confirme le rôle de l’ONU au Sahara et propose d’installer une troïka pour le suivi

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Lors du 31ème Sommet de l’Union africaine, qui se tient à Nouakchott en Mauritanie, les chefs d’Etat et de gouvernement ont entendu le rapport de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission africaine, sur le Sahara. Il donnait suite à la décision 653 du 30ème Sommet, qui devait définir la position de l’UA sur ce conflit vieux de 43 ans.

Le Maroc refuse toute implication de l’UA dans ce dossier, du fait qu’il est traité au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les adversaires du Maroc insistent pour conférer un rôle à l’UA dans la question, ce que le Maroc refuse pour des raisons évidentes, le noyautage des instances de l’Union par les Algériens.

Dans son rapport, M. Faki Mahamat a été clair. L’UA suit l’affaire, et soutient les efforts de l’ONU pour la résolution du conflit, mais l’UA ne saurait être partie prenante. C’est ce que faisait le Conseil Paix et Sécurité, dirigé par l’Algérie depuis sa création en 2004, et levier de la politique de nos voisins de l’est. Aujourd’hui, le président de la Commission recommande l’implication des chefs d’Etat, et non plus de ce CPS.

Le rapport reprend la position marocaine dans ses points principaux :

1/  Le rôle central des Nations unies dans la conduite du processus de négociation.

2/ Le risque d’un processus parallèle, car en reconnaissant la RASD, l’UA s’est d’elle-même exclue des efforts de recherche d’une solution .

3/ En reconnaissant la RASD, l’UA tranché le débat sur le statut du territoire que les Nations unies s’emploient à déterminer.

4/ Les autorités marocaines ont marqué leur appui aux efforts du nouvel Envoyé Personnel du Secrétaire général des Nations unies et leur attachement au processus de négociation conduit sous les auspices des Nations unies et que tout règlement du conflit requiert l’implication effective de l’Algérie

Voici les grandes lignes du rapport communiqué à la Conférence des chefs d’Etat par le président de la Commission.

1- Paragraphe 20C : « La nécessité pour l’UA d’inscrire sa démarche dans le cadre d’un appui renforcé aux efforts des Nations unies, pour accroitre leur chance d’aboutissement. En d’autres termes, il ne s’agirait pas pour l’UA de développer un processus parallèle à celui des Nations unies ».

2- Recommandation 21B : « Le rôle de l’UA devrait viser à accompagner et à soutenir les efforts des Nations Unies, dont le Conseil de Sécurité demeure saisi de la question. Au demeurant, l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général des Nations Unies conduit, depuis sa prise de fonction, des consultations intensives avec les parties, lesquelles ont exprimé leur engagement à coopérer avec lui».

3- Recommandation 21C : « Conformément à ce rôle d’accompagnement et de soutien, la Conférence de l’Union devrait apporter un appui efficace au processus conduit par les Nations Unies, basé sur les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité. Celles-ci ont, de façon constante, demandé aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire Général, de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations unies».

Un mécanisme de suivi devrait être mis en place pour les chefs d’Etat, comprenant la troïka de l’ancien président de l’UA, de l’actuel et du prochain.

4-  Recommandation 21D : « Pour assurer la cohérence requise, la question du Sahara ne serait évoquée que dans ce cadre et au niveau de la Conférence de l’Union Africaine des Chefs d’Etats ».

5- Paragraphe 17 : Le Président de la Commission de l’Union africain exhorte les deux pays voisins  à soutenir activement les efforts déployés pour la relance du processus de négociation, ajoutant que le conflit n’a que trop duré et que la situation actuelle entrave les efforts d’intégration dans le cadre de l’UMA et ceux visant à promouvoir plus efficacement la sécurité régionale.

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