DISCOURS DU TRÔNE. LE ROI SUR LA QUESTION SOCIALE: QUELQUE CHOSE NOUS FAIT DÉFAUT

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S’il est un thème qui a dominé le discours du Trône de ce 29 juillet, prononcé depuis Al Hoceima, c’est bien la question sociale. Voici le diagnostic et, les mesures, du roi.

Sur la question sociale, il y a aujourd’hui, et plus que jamais, urgence. C’est le roi Mohammed VI qui le souligne dans son discours du Trône de ce dimanche 29 juillet. «Les affaires des citoyens ne doivent souffrir d’aucun report, ni aucune attente, dans la mesure où elles ne se rattachent pas à une période spécifique».

De la responsabilité des partis politiques

De nouveau, les partis politiques sont épinglés. «Les formations politiques responsables sont celles qui se tiennent aux côtés des citoyens, dans les bons comme dans les mauvais jours…l leur faudra attirer de nouvelles élites et inciter les jeunes à s’engager dans l’action politique, les générations d’aujourd’hui étant les mieux placées pour connaître les problèmes et les nécessités de leur époque», lit-on dans le discours du roi.
Pour cela, les partis doivent commencer par se renouveler eux-mêmes, changer leurs méthodes de travail et rénover leurs modes de fonctionnement. «Il est attendu des différentes instances politiques et partisanes qu’elles se montrent réceptives aux doléances des citoyens, qu’elles interagissent sans délai avec les événements et les évolutions de la société, voire qu’elles anticipent leur émergence, et non qu’elles les laissent prendre parfois inopportunément des tours inquiétants, donnant ainsi l’impression qu’elles ne sont nullement concernées par ce qui arrive».

De l’engagement royal

Dans son discours, le roi Mohammed VI engage également sa responsabilité. «La question sociale retient toute Mon attention et M’interpelle vivement à la fois en tant que Roi et en tant qu’homme. Depuis Mon Accession au Trône, J’ai toujours été à l’écoute de la société et prompt à cerner ses attentes légitimes. Constamment à l’œuvre, Je porte l’espoir inaltérable d’améliorer les conditions de vie des citoyens», affirme le souverain.

Si bien des réalisations ont été accomplies, «J’ai le sentiment que quelque chose continue à nous faire défaut en matière sociale…ensemble, il nous appartient d’identifier les faiblesses existantes et de leur apporter les remèdes adéquats», confie le roi.

 

Du nécessaire renouvellement du modèle de développement

Pour le roi, il est insensé que plus de cent programmes de soutien et de protection sociale, de différents formats et se voyant affecter des dizaines de milliards de dirhams, soient éparpillés entre plusieurs départements ministériels et de multiples intervenants publics.

«Ces programmes empiètent les uns sur les autres, pèchent par manque de cohérence et ne parviennent pas à cibler les catégories effectivement éligibles. Comment peut-on, donc, espérer que ces programmes répondent efficacement aux besoins des citoyens et impactent réellement leur quotidien? Il n’est nul besoin de rappeler ici que Nos critiques ne constituent pas une fin en soi, mais une incitation à l’autocritique, exercice vertueux et salutaire, si, à la parole, sont joints l’acte et la réforme proprement dits», insiste le roi.

De l’importance du Registre Social Unique

Le roi rappelle dans son discours l’importance du «Registre Social Unique»  un début «prometteur, susceptible d’induire un accroissement progressif du rendement des programmes sociaux, à court et à moyen terme». Il s’agit d’un système national d’enregistrement des familles qui pourront bénéficier des programmes d’appui social. Les ménages habilités à jouir des prestations de ce régime, seront déterminés selon de rigoureux critères objectifs et grâce aux nouvelles technologies.

«Il s’agit d’un projet social stratégique et ambitieux, qui touche de larges franges de la population marocaine. Sa portée dépasse de loin le cadre d’un programme gouvernemental pour un seul mandat et va au-delà d’une vision attribuée à un département ministériel, à un acteur partisan ou à un acteur politique».

Action sociale: une restructuration en vue

«J’invite le gouvernement et tous les acteurs concernés à entreprendre une restructuration globale et profonde des programmes et des politiques nationales d’appui et de protection sociale et à soumettre des propositions portant sur leurs modalités d’évaluation», annonce le souverain.

Le roi Mohammed VI engage le gouvernement à amorcer, dans les plus brefs délais, l’élaboration de telles mesures «et à Me tenir périodiquement informé de leur état d’avancement».

En attendant, des mesures d’urgence

Dans son discours du Trône, le roi Mohammed a insisté sur quatre mesures à entreprendre d’urgence par le gouvernement. Les voici:

– donner une impulsion vigoureuse aux programmes d’appui à la scolarisation et de lutte contre la déperdition scolaire, à partir de la prochaine rentrée scolaire;

– lancer la troisième phase de l’Initiative nationale pour le Développement humain;

– redresser les anomalies qui entachent l’exécution du Programme de couverture médicale «RAMED», et, parallèlement, revoir en profondeur le système national de santé;

– œuvrer à l’aboutissement du dialogue social. «Je le dis au gouvernement: le dialogue social est un devoir et une nécessité; il convient de l’instaurer et de le maintenir dans la durée et sans aucune interruption», souligne le souverain;

Mais que nul ne s’y trompe. Le roi Mohammed VI conclut ce volet de son discours en affirmant que «la forme suprême de protection sociale est celle qui passe par la création d’emplois productifs et garants de dignité». Et c’est là où un autre travail s’impose.

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